LA VIE, UNE QUESTION PERMANENTE:
vivre c'est servir à quelque chose, essayer de répondre comme don!
Gilbert Munana, O.P
La vie est un don de Dieu. Elle nous est tous donnée gratuitement. Chaque jour, chaque heure, voire chaque minute, je me pose d'innombrables questions concernant la vie en général, la mienne, celle de mes proches, celle de mes amis, celle de mes frères et soeurs, celle de mes compatriotes, celle des africains, celle de tout le monde et de toutes les modes, et surtout celle des chrétiens dont je fais partie dans l'Eglise universelle, apostolique, sainte et pécheresse, celle de toutes les créatures.
Le jour où je comprendrai pourquoi l'homme hait sa femme, le frère hait sa soeur, le compatriote hait son com-partiote, le chrétien hait les chrétiens, l'Eglise, les hommes et les femmes créés, et donc le Christ, ce jour là je commencerai une autre étape de mon questionnement... De question en question, de demi-réponses aux autres intérrogations, de réflexion et méditation en élévation extatique, la vie de l'homme découvre quelque chose, se dépasse, monte, rencontre les autres et Dieu.
Je me demande souvent pourquoi réfléchir, pourquoi étudier, pourquoi se nourrir, non pour mépriser ces "essentialités" vitales, mais pour les valoriser et dépasser leur mécanicité apparente afin de mettre plus de vie et de lien entre mon intérieur et mon extérieur, entre mes intentions et mes relations, entre mon être "frère" et mes frères et soeurs humains. Quand j'arrive dans ce domaine de relation, mon intérieur me projette au devant et au-delà des calamités et des violences vécues presque quotidiennement par la quasi-totalité des enfants de Dieu. De l'injure et de la fessée données à un enfant dans une famille, j'inventorie les hontes qui continuent de faire de ce monde une sorte de prison, de gêne, de camp de concentration où plusieurs personnes, sinon tous restent en attendant le mauvais sort. Les génocides du 20ème siècle sont des preuves. Quand est-ce que nous cesseront d'être les fruits de leurs conséquences? Est-il possible de vivre libre dans ce monde si corrompu où la loi de la mort et de l'habileté se fait évangile? On ne peut pas dire ce que l'on pense librement dans sa famille, dans sa classe, dans son institution, dans sa communauté, dans son pays, dans son Eglise,...! Dès que l'homme naît et s'insère dans la société, il entre, semble-il dans une grande prison que sont toutes ces structures et institutions corrompues, enchaîné par je ne sais quelles apparences vitales, les règles de la vie que beaucoup ont acceptées comme "démocratie". C'est quand je suis incité à réfléchir sur tout ce qui est légitimé par les personnes raisonnables sans que cela soit nécessairement raisonnable, c'est à ce moment que je me demande souvent ce qu'est l'homme, ce qu'est la vie, pourquoi vivre! En face de mes faiblesses à accomplir mes décisions et mes options fondemantales, en face des faiblesses de l'envirronement, je repense aux questions de corruption du créé par le péché originel et de l'aliénation. Comment surpasser tout cela? Comment donner sens à cette vie qui nous vient d'ailleurs et comment l'entretenir d'une façon permanente en même temps en nous et autour de nous? Tout devient au fait question, question vitale: comment vivre pour que cela soit expérimenté et reconnu comme vivre?
Pour vivre la Vie en abondance, si nous entrons dans la dynamique de Jésus Christ, je pense que, comme la vie- tout ce qui est vie en nous- est un don, nous ne pouvons que vivre en don. Il faudra développer cette philosophie: on ne peut pas vivre solennellement, normalement, pleinement sans se vivre comme don et vivre pour les autres comme don. Sinon, notre être et notre existence ne serviront à rien si nous n'exécutons ce service pour le monde, pour les autres, pour le Christ. L'homme est créé pour vivre et servir. Que chacun vive et serve. qu'il se sente en lui comme celui qui est au service de la vie des autres (servir seulement pour que les autres vivent), et qu'il se sente comme celui qui vit seulement pour servir à quelque chose, si petite que ce soit, rien que ce soit, rien que cela.
(Abj, ce lundi le 27 février 2006, 4h 15 min)
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